Source du texte ci-dessous : journal libération édtion 22 octobre 2026
La maison d’édition québécoise de Thélyson Orélien, a annoncé mercredi que l’IA a bien été utilisée dans l’écriture de son roman C’était ça ou mourir. Le site d’Ici Radio Canada, citant un communiqué des éditions du Boréal, indique que celles-ci mettent «fin à leur relation professionnelle» avec l’auteur. «De nouveaux éléments, confirmés au cours des derniers jours, indiquent que l’intelligence artificielle a été utilisée dans le processus d’écriture de C’était ça ou mourir, alors que l’auteur nous avait assuré, à plusieurs reprises, ne jamais y avoir eu recours pour la création de son roman, expliquent-elles. En conséquence, le Boréal ne réimprimera pas le roman et ne publiera pas d’autres livres de Thélyson Orélien.»
Pour l’auteur, le coup est tombé sans prévenir. Que vat-il devenir? Son livre, qui cartonne dans les libraires, rencontrera-t-il encore le succès ? Sa voix hésitante répond au téléphone. «C’est très cruel par ici, du côté du Québec, c’est très cruel, dit Thélyson Orélien . Ils en veulent au livre, je sais pas ce qu’ils vont vouloir maintenant. Après le livre, vont-ils s’en prendre à la personne? Parce qu’ils n’arrêtent pas de fouiller dans mes comptes, ils mettent des hackers pour fouiller.» Il ne s’étonne pas du retournement de situation. Les journalistes «mettaient la pression» à Boréal : «C’est normal de protéger leur institution au lieu de me protéger.»
Il ne cache plus les plagiats, mais il récuse encore l’utilisation de l’intelligence artificielle. «C’est peut-être l’histoire d’un homme qui a trop aimé la littérature et qui a fait des bêtises en copiant dans son plus jeune âge, argumente-t-il. J’ai fait des erreurs, mais maintenant ils ont tout essayé pour prouver que ce ne sont pas des erreurs de jeunesse. Moi, je m’attendais pas à tout ça, je n’avais pas demandé à ce que le livre soit vendu dans plusieurs pays et nommé dans plusieurs prix. Je ne voulais pas tout ça.»
Je le relance.
«Tu as utilisé l’IA ?
–J’ai dit que le livre a été écrit par moi, c’est pas comme si c’est l’IA qui l’a écrit. Cette histoire c’est mon histoire, c’est l’histoire de beaucoup d’Haïtiens, c’est pas quelque chose que j’ai commandé. – Et l’IA ?
– Oui, dans le processus de création, j’ai fait des recherches avec, des recherches historiques, j’avais tout expliqué à des proches. J’ai tout expliqué, mais présentement je pense pas que ma parole vaille quelque chose.» Thélyson Orélien parle de tout au téléphone. De lui, ses proches et ses trois enfants («heureusement qu’ils sont là»). Il cherche ses mots. Puis, il revient à C’était ça ou mourir : «De toute façon, moi je veux pas me battre contre tous ces gens, ils sont trop forts. L’idée du livre, ce n’était pas d’accuser des personnes. L’idée, c’était de penser aux causes qui nous poussent à partir, le problème de l’insécurité. Mon livre, c’était plutôt une forme de déclaration d’amour au Québec.» Je le relance. «Mais qu’est-ce que je dois faire ? Ce que je suis en train de vivre est trop fort, c’est pas quelque chose que même un politicien vit. Ce que je suis en train de vivre, c’est énorme, ça a dépassé le cadre littéraire, ça va trop loin…» Il paraît perdu. Il s’interroge à voix haute : «A quoi va ressembler mon futur ?» Il coupe sans prévenir. «J’ai mon père qui m’appelle. Je te laisse.»